fase 76

Libre expression

Essai INRA "plein champ" sur la vigne transgénique : un échec qui nécessite de se poser les bonnes questions !

Essai INRA "plein champ" sur la vigne transgénique : un échec qui nécessite de se poser les bonnes questions !

Communiqué du syndicat SUD-Recherche-EPST [version PDF]
vendredi 20 août 2010


Si les « OGM » n’ont pas fini de soulever des controverses passionnées, nous souhaitons que l’attention médiatique portée à la neutralisation de l’essai vigne de Colmar permette de se saisir sérieusement de questions essentielles pour l’avenir de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement.

Ce n’est pas un hasard si cette action s’est déroulée après le vote de la loi « Grenelle 2 » qui a sonné le glas des espérances portées par la démarche participative du Grenelle de l’Environnement. Les dernières décisions gouvernementales, y compris celle de fin juillet mettant fin au moratoire sur les cultures OGM, indiquent que l’orientation affichée en faveur d’une agriculture durable, respectueuse de l’environnement n’était qu’un discours de façade… Le modèle agro-industriel a été conforté par le président Sarkozy, lui-même, au salon de l’agriculture en mars, avec sa formule : « L’écologie, cela commence à bien faire ! »*.

SUD-Recherche EPST a toujours soutenu que les OGM ne constituaient pas une solution d’avenir pour l’agriculture en France, comme ailleurs. Outre les risques sanitaires et environnementaux non maîtrisés, le modèle agricole dans lequel ils s’inscrivent est celui d’une agriculture toujours plus intensive, de type industrielle, qui est destructrice pour l’environnement mais aussi pour la profession d’agriculteur. Pour autant, et nous l’avons aussi exprimé clairement, la recherche fondamentale sur les OGM, en milieu confiné est utile, ne serait-ce que pour avoir des éléments de compréhension pour tenter de réparer les dégâts déjà occasionnés dans certains pays par la culture OGM à grande échelle.

Nous avons constamment interpellé le ministère de la recherche et la direction de l’INRA pour qu’ils affichent comme priorité le développement d’un autre modèle agricole, basé sur le respect de l’environnement, des consommateurs, qui refusent les OGM dans leur assiette, et de ceux qui produisent ces ressources. Alors que d’autres voies de recherche sur les pratiques culturales restent sous-exploitées, l’utilité des essais sur les vignes transgéniques est aujourd’hui contestée par des viticulteurs qui ont aussi compris que l’image du vin en souffrirait.

La communication développée aujourd’hui par la Direction de l’INRA sur le sujet nous interpelle : elle affirme simultanément que cet essai sur la vigne vise à maintenir « l’existence d’une expertise impartiale au-delà de celle des entreprises internationales », mais aussi que sa destruction fait prendre le risque de « voir la France incapable de développer des produits alternatifs à ceux des grandes firmes ». Alors, nécessité (bien compréhensible) de connaissances nouvelles ou objectif (déjà annoncé) de valorisation commerciale ? C’est justement le débat de fond ! L’an dernier, lors d’une première action isolée similaire à Colmar, notre syndicat avait déjà mis la Direction de l’INRA en garde sur sa présentation partiale et partielle du contexte, en omettant systématiquement toute référence à la mise à l’index simultanée de l’essai par le tribunal administratif. Pour l’inauguration officielle de la reprise de cet essai qui devait intervenir à la mi-septembre, la présence de deux ministres était annoncée, soulignant ainsi son objectif éminemment politique. Est-ce que ces mêmes ministres se seraient déplacés si l’expérimentation avait porté sur la mise en œuvre d’une nouvelle pratique culturale permettant de lutter contre le virus ?

Plus largement, nous sommes inquiets de la brevétisation du vivant, centrale dans la stratégie OGM, au même titre que la logique d’innovation marchande à court terme imposée par le gouvernement. C’est lui le « démolisseur » du service public de recherche, et non ceux visés dans le communiqué de la direction de l’INRA. Sa politique met aujourd’hui les personnels de la recherche en situation de conflit d’intérêt**.

Nous comprenons le découragement ressenti par les collègues de l’INRA de Colmar qui ont vu leur travail interrompu. Nous les invitons à participer à la mobilisation nécessaire pour obtenir une recherche agronomique qui puisse réellement répondre aux défis de cette nouvelle révolution agricole attendue... mais pas encore entendue par nos directions.

Le Grenelle de l’environnement : une bonne idée lobbytomisée ! »

** « Les personnels de la recherche mis en situation de conflit d’intérêt par leur ministre »

Les premiers à lutter contre le brevetage du vivant sont les chercheurs du service public

Je ne suis pas certain que la méthode qui consiste à amalgamer la recherche publique à Monsanto ou autres soit tout à fait correcte.

Il me semble aussi que les premiers à lutter contre le brevetage du vivant sont justement les chercheurs du service public (espèce menacée) qui publient largement leurs recherches et s'opposent au secret que l'on cherche à leur imposer.

Je ne connais pas le détail des recherches de la station INRA de Colmar,  j'espère que les faucheurs n'ont pas commis là une bévue comme cela s'est produit par le passé à Montpellier. En effet je ne suis pas certain que nous soyons dans le même cas que les cultures industrielles de maïs ou autre colza transgéniques auxquelles nous sommes 80% à nous opposer.

En complément d'information je vous joins la contribution de la CGT INRA à ce sujet à l'occasion du Grenelle de l'environnement.

Jacques M.

Le 14 juillet : comment ça se fête aujourd’hui ?

Le 14 juillet : comment ça se fête aujourd’hui ?

 

 

Je trouve cela curieux : n’est-ce pas notre principale fête dans ce pays ?

 

Pourtant, regardons les journaux : par exemple « notre » Havre Libre : il ne manque jamais, à la veille de la célébration de la libération de la ville, chaque septembre, de rappeler quelques points de cette triste histoire, il le fait aussi pour le 11 novembre. Mais, ni le 12 juillet, ni le 13 juillet, il n’y a un mot pour aider les Havrais à se ressaisir de leur histoire.

 

Devons-nous penser que c’est parce que ces évènements, certes fondateurs de notre République, sont maintenant trop loin ? 221 ans seraient bien trop pour que notre mémoire mérite d’être rafraichie ?

 

D’ailleurs, la part prise par les Havrais à ces évènements est-elle connue ici, par ce journal ? N’y a -t-il pas ce préjugé que tout s’est passé à Paris ? D’ailleurs sur nos bancs d’école, y eut -t-il place pour autre chose que l’HISTOIRE NATIONALE ? La pensée habituelle n’est-elle pas que, localement, ce n’est rien, ce n’est pas de l’histoire !

 

L’éloignement, est-ce seulement le temps de ces deux siècles, n’est ce pas un éloignement plutôt politique ? En effet, à l’époque, en juillet 1789, le peuple prit l’initiative de changer de fond en comble sa société, personne ne lui a dit de prendre la Bastille, aucun parti ! Ils n’existaient pas, me direz-vous ! Mais s’ils avaient existé, combien auraient soutenu ? D’autant que ça paraissait impossible : prendre cette citadelle énorme armée de canons !

 

Mais au fait, y a-t-il un parti aujourd’hui, en France, qui conçoive qu’il revient au peuple de décider des choses politiques, alors qu’eux sont là, pour cela, c’est leur rôle, lui éviter de chercher ses idées, il n’y a qu’à suivre celles du parti, et bien le soutenir, surtout aux élections ! N’est-ce pas d’ailleurs la clef du divorce que semblent bien prononcer les abstentions massives à répétition ? Car, n’est-ce pas, maintenant : nous avons gagné la « démocratie représentative », qui fait que « le peuple n’existe pas, il n’existe que par ses représentants » (1)

 

Bon, vous allez trouver mes propos bien « incrimonieux ». Mais regardez bien la jeune Marianne qui illustre cette page : ne semble -t-elle pas dire pour toutes les générations à venir : «  Qu’avez-vous fait de notre République ? Qu’avez-vous fait de l’élan citoyen de notre Nation, mais comment fêtez vous le 14 juillet ? »

 

Jean-Pierre R.

<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

(1) Cette pensée est de Sieyes, qui aida Napoléon 1er dans son coup d’État. C’est Pierre Zarka qui la rappela récemment.

<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

Sur les départs des communistes de leur parti

Je comprends les raisons pour lesquelles, aujourd’hui comme hier, tant de communistes , et non des moindres, quittent leur parti, un parti en lente et inexorable décomposition.
Un parti depuis longtemps déjà en déphasage avec la réalité de la Société actuelle et avec les attentes désespérées de la grande majorité de la population.

Un Parti sans boussole et sans projet, réduit à la proclamation, à la rhétorique de lieux communs, à commenter ce que d’autres ont déjà dit, expliqué, démontré.

Un Parti figé sur son passé, souvent glorieux, mais qui a perdu toute trace de créativité révolutionnaire et émancipatrice, qui croupit dans ses certitudes suicidaires, son isolement, son sectarisme, mais aussi ses prétentions et ses exigences héritées d’une autre époque.
Pendant ce temps le Capitalisme en crise continue ses ravages et la vie des Français s’aggrave de jour en jour. On se demande si le PC est toujours au service du peuple !

Alors, jusqu’à quand ce refus de s’ouvrir, sans prétentions hégémoniques, à la riche diversité des composantes de la gauche, faite, au delà des petits partis, d’innombrables mouvements et associations les plus divers ?

Force est de constater aujourd’hui que l’attitude du PC allié au PG constitue, malheureusement un obstacle à la création d’un vrai front populaire, ou front de gauche élargi,    (qu’importe le nom) que les communistes unitaires et la FASE appellent de leurs vœux et s’efforcent de structurer.

Quand le PC prendra t-il modestement sa place – rien que sa place- dans ce rassemblement ?
Si le PC persiste dans son attitude actuelle, il ne fera que s’isoler davantage, alimenter l’abstention des couches populaires, renforcer les listes écologistes et permettre à beaucoup de gens de gauche désorientés de se rallier au PS faute de mieux.


Jacques Lelièvre (76)

 


 

NdR : Nous vous conseillons de consulter, sur notre site national, l'article PCF : « Pourquoi partent-ils ?»

Nous y publions les propos que nous ont adressés plusieurs militants et militantes du PCF qui nous font part de leur décision de quitter le PCF

Jean Ferrat était communiste

C’est le miracle de la TV, nous étions tout à l’heure parmi cette masse de gens émus serrés avec quelques grands artistes sur la place d’Ardèche, à Antraigues sur Valaine. Cette foule comblant cette belle place villageoise à l’unisson pour un dernier souvenir me rappela d’un coup un étrange souvenir.

C’était il y a juste vingt ans, en juillet. Je revois les pavés de ce coin du cimetière du Père Lachaise. J’étais dans le rassemblement populaire qui accompagna le cercueil de l’un des tout premiers responsables du parti communiste français dans le carré où la grande organisation ouvrière honorait le souvenir de ses plus hauts dirigeants. Ce qui marque mon souvenir, c’est le flottement qui avait gagné les troupes des militants qui avaient été délégués pour former le cortège. Le principal responsable de ma région, un camarade de grande notoriété nationale, nous dit quelque chose que j’ai retenu comme ceci : c’était la première fois qu’une manifestation de cette sorte ne remplissait pas l’avenue, et tous les alentours. Et il semblait nous disant cela, en chercher la raison. Je me demande aujourd’hui si cela ne marquait pas le début du processus de désaffection populaire qui commençait à affecter LE parti.

Et justement ce qui me frappe aujourd’hui, c’est ce qui me semble cette discordance. Au même moment, l’abstention populaire réduit au minimum le nombre de voix des listes où les candidats du PCF ont tant tenu à être au premier rang, et la ferveur pour celui qui incarna tant cet idéal semble universelle !

Et puis hier, toujours à la télé, nous avons vu ce journaliste qui titillait Jean Ferrat, je ne cite pas les paroles exactes, mais c’était bien cela : « Etes- vous Communiste ? » Jean Ferrat semblant dire ; « oui évidemment », hésitant et répondant « Non je n’ai pas la carte, peut-être je la prendrai un jour, mais... »

C’est là qu’émergeait cette grande erreur commune selon moi ! Oui ! Jean Ferrat était communiste. Il l’a été davantage et bien plus lucidement que les dirigeants qui croyaient encore utile de parler d’un « bilan positif du camp socialiste ». Il l’a été davantage quand il a magnifié la femme dans sa prison de café qui fume, et pourtant l’avenir de l’homme, Il l’a été quand bien avant d’autres quand il a exclu le poulet aux hormones de la marche du progrès. Jean Ferrat a porté très haut cette notion de communiste de cœur que le peuple ressent.

Beaucoup de camarades du PCF l’aimaient comme le peuple, sans réticence, mais j’ai vu aussi le ressentiment de certains adhérents qui se jugent seuls à pouvoir se déclarer communistes lorsque cet homme de talent et de cœur s’est permis la liberté de déclarer ses désaccords. Et encore dernièrement , personne n’en a parlé ces dernières heures, lors des dernières présidentielles.

J.-P. R.

 


 

Pour illustrer et compléter ce point de vue, je vous invite à regarder et écouter deux chansons de Jean Ferrat (cliquez sur les liens) :

  • Camarade, écrite en 1968, dans laquelle il dénonce l’invasion de Prague en 1968 par les troupes du Pacte de Varsovie.
  • Le Bilan qui fustige la déclaration de Georges Marchais, secrétaire général du PCF, qui évoque alors - en 1979 - un "bilan globalement positif " des régimes dits socialistes.

Vous pouvez également écouter l'excellente émission de Daniel Mermet Là-bas si j'y suis du lundi 15 mars : http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1873

Et en dernier hommage, écouter cette chansons intitulée Tu aurais pu vivre encore un peu.

JMF

 logo fase 2011-var-1-2

Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique de Seine-Maritime     

FASE 76

front de gauche

Vous êtes ici : Accueil Libre expression Libre expression